La Route 175 - La Route de la Mort

11 septembre 2013

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Documentaire québécois.
La route se situe dans un environnement montagneux au climat difficile et souvent traversée par les animaux. Les accidents y sont fréquents. En février 1989, à la suite d'une série d'accidents meurtriers dans la Réserve Faunique des Laurentides, nait à Jonquière le mouvement Accès-Bleuets dont l'objectif principal était de transformer la route en un lien routier à quatre voies divisées. Il fut fondé par Gilles Paquet, la conseillère municipale de Chicoutimi Marina Larouche et l'animateur de radio Jacques Cayer.

Une pétition de 101 000 noms est déposée à l'Assemblée Nationale afin de sensibiliser le pouvoir politique aux revendications régionales même si les dirigeants régionaux se disaient contre le projet de construction d'une autoroute à quatre voies divisées lors d'un colloque organisé par le Cégep de Chicoutimi. La section régionale du Parti Vert du Québec de Sylvain Simard, plus tard député du Parti québécois à l'Assemblée nationale, déclara qu'il serait suffisant de s'en tenir à des travaux d'amélioration pour la sécurité routière et qu'il était inutile de revendiquer une route à quatre voies divisées car les besoins étaient injustifiés.

Accès-Bleuets continua ses démarches, dont l'installation d'un poste de péage symbolique sur la route 175 en juillet 1991. La même année, le groupe LCL réalisa une étude d'opportunité d'amélioration du lien routier entre la région du Saguenay-Lac-St-Jean et la région de Québec dans le cadre des études sur la politique routière du Canada et les besoins connexes en investissements ainsi que la North American Trade Corridors de la Eastern Border Transportation Coalition (EBTC). Les premiers estimés chiffraient le coût d'un tel projet entre 500 millions $CAN et 1 milliard $CAN.

En 1998, le ministre québécois des Transports Jacques Brassard déclarait que l'amélioration des routes restait le meilleur scénario et que le plan stratégique de 1998-2003 du ministère prévoyait 17 chantiers de construction permettant de corriger des courbes sinueuses afin que la route soit convenable et sécuritaire. Un mois plus tard, le premier ministre de la province Lucien Bouchard, désavoueait la position de Jacques Brassard.

De son côté, le député conservateur du comté fédéral de Chicoutimi-le-Fjord André Harvey faisait pression auprès du gouvernement canadien pour faire reconnaître la 175 comme route faisant partie du Réseau national canadien et de l'inscrire dans les priorités du Programme stratégique d'infrastructure routière (PSIR). Appuyé par une coalition d'une dizaine d'organismes du Saguenay-Lac-St-Jean (Accès-Bleuets, la Fédération touristique régionale, le CRCD, le Regroupement des hôteliers, le maire de Saguenay Jean Tremblay), les démarches d'André Harvey sont couronnées de succès au mois d'août 2002 alors que le Premier ministre du Canada Jean Chrétien et le Premier ministre du Québec Bernard Landry, annonçaient à Saguenay l'élargissement de la route 175 à quatre voies divisées.

Le 7 mai 2004, le Premier ministre du Canada Paul Martin et le Premier ministre du Québec Jean Charest signaient à Saguenay l'accord de financement portant sur l'élargissement à quatre voies divisées de la route 175. Cet accord prévoyait des investissements de l'ordre de 525 millions $CAN pour la première phase du projet. En septembre 2008, une entente cadre est conclue entre Québec et Ottawa afin d'allouer une somme de 112,5 millions $CAN pour la phase 2 du projet.

Entre les mois d'avril à mai 2005, des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) se tiennent sur les projets de réaménagement de la route 175. En octobre et novembre de la même année, deux décrets seront adoptés (Décret 923-2005, Décret 1050-2005) afin d'autoriser les travaux de l'axe routier 175 selon le calendrier suivant :

2002 à 2004 : 9,6 km
2006 à 2008 : 48,0 km
2007 à 2009 : 33,0 km
2008 à 2010 : 36,0 km
2009 à 2011 : 31,0 km
2011 à 2013 : 3 km

Le 13 mai 2011, le ministre des Transports du Québec Monsieur Sam Hamad annonçait que la limite de vitesse de la route 175 passait de 90 km/h à 100 km/h sur 94 % du trajet reliant Saguenay à Québec et ce à compter du 16 mai 2011.

Le 10 septembre 2012, le ministère des Transports du Québec ouvrait aux automobilistes l'échangeur à l'intersection des routes 175 et 169 dans la réserve faunique des Laurentides. Plus de 96 % des travaux de construction de l'autoroute à quatre voies divisées sont maintenant terminés.

Le 10 janvier 2013, le maire de Saguenay Jean Tremblay propose de renommer la route 175 « Autoroute Marina Larouche » afin de rendre hommage à celle qui a été à l'origine des démarches pour l'obtention d'une route à quatre voies divisées. Le projet du maire Tremblay suscite de nombreuses réactions, en particulier celle de l'épouse d'Antonio Talbot.